{"id":250,"date":"2012-12-23T08:50:08","date_gmt":"2012-12-23T07:50:08","guid":{"rendered":"http:\/\/dominique.sciamma.com\/?p=250"},"modified":"2012-12-23T08:50:08","modified_gmt":"2012-12-23T07:50:08","slug":"boule-et-bill","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dominique.sciamma.com\/?p=250","title":{"rendered":"Boule et Bill"},"content":{"rendered":"<h1>ou \u00ab\u00a0La famille a du Chien\u00a0\u00bb<\/h1>\n<p><strong>Boule et Bill<\/strong> : deux noms qui roulent. Un enfant et un chien. Deux amis ins\u00e9parables qui habitent depuis 30 ans dans le journal SPIROU. Deux personnages qui n&rsquo;ont pas grandi et qui ont pourtant tellement chang\u00e9, et dont l&rsquo;univers est le lieu de plus d&rsquo;un millier de gags. Oyez ! Oyez ! les Petits qui deviendrez Grands, et les Grands qui ont su rester Petits. Oyez l&rsquo;histoire de l&rsquo;aventure derri\u00e8re les conventions.<\/p>\n<p>Il est en effet un genre en Bandes Dessin\u00e9es -et particuli\u00e8rement pratiqu\u00e9 aux Etats-Unis- qui a pour nom Family Strip (non ! Pas la famille en lambeaux !). Les lois en sont simples, les ressorts connus, pusique la famille y est en effet le lieu du drame. Par famille, il faut comprendre d&rsquo;abord des personnages (un papa, une maman, quelques enfants -pas trop-, , et un animal -indispensable-, quelques copains et des voisins- d\u00e9agr\u00e9ables de pr\u00e9f\u00e9rence- ).<\/p>\n<p>Ces personnages sont en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale tr\u00e9s conventionnels, et n&rsquo;ont pas de caract\u00e9ristiques sociales ou culturelles qui les fait sortir d&rsquo;une norme. Ils sont en fait le miroir de leur lecteur, des individus moyens. La famille c&rsquo;est aussi un lieu (une maison, un jardin, des meubles), lieu aussi fixe que les personnages le sont dans leurs comportements. C&rsquo;est donc dans un univers tr\u00e8s bien d\u00e9limit\u00e9 que les gags, et les aventures domestiques vont se d\u00e9velopper. Le fait m\u00eame que tout soit connu contribue m\u00e9caniquement au plaisir du lecteur, qui est en fait chez lui.<\/p>\n<p>La s\u00e9rie Boule et Bill appartient ainsi totalement \u00e0 ce genre. Qu&rsquo;on en juge. Boule est le fils d&rsquo;un cadre moyen, propri\u00e9taire d&rsquo;un petit pavillon de banlieue. Ce papa est tr\u00e8s classique, il a une 2CV citro\u00ebn (ce qui le classe tout de suite socialement), regarde le foot \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, fait la sieste apr\u00e8s la lecture de son quotidien, et a des ennuis avec le fisc. La maman de Boule est elle aussi une caricature, elle d\u00e9pense de l&rsquo;argent (pour des frivolit\u00e9s, consid\u00e9re \u00e9videmment son mari) et a peur des souris. Rien que des conventions, on l&rsquo;admettra.<\/p>\n<p>Mais voil\u00e0, deuxi\u00e8me personnage du couple, le chien Bill va petit \u00e0 petit se r\u00e9v\u00e9ler \u00eatre le grain de sable (le grain de folie ?) qui va d\u00e9r\u00e9gler cette m\u00e9canique du quotidien, et qui va r\u00e9v\u00e9ler derri\u00e8re les conventions, un monde d&rsquo;humour, de po\u00e9sie, de non-conformisme : bref, l&rsquo;antinomie de cet univers bourgeois, confortable, rembour\u00e9 et faux, comme un fauteuil en Ska\u00ef.<\/p>\n<p>Cocker roux, Bill est en effet paresseux, il ne pense qu&rsquo;\u00e0 dormir, manger et s&rsquo;amuser : toutes choses qui ne s&rsquo;affiche pas quand on est un type comme il faut ! Qui plus est, Bill n&rsquo;aime pas les uniformes. Qu&rsquo;ils s&rsquo;agissent des porteurs de soutanes, de galons ou de revolvers, ils ont tous droit \u00e0 l&rsquo;expression canines (comme les dents) de sa phobie. Les Chasseurs n&rsquo;ont aussi droit \u00e0 aucune circonstances att\u00e9nuantes. Car Bill est un ami des b\u00eates. N&rsquo;abrite-t-il pas r\u00e9guli\u00e8rement dans sa niche toute une famille d&rsquo;oiseau en qu\u00eate d&rsquo;un refuge ? N&rsquo;est-il pas amoureux de la tortue Caroline (lente, mais s\u00e9ductrice), elle aussi, autre personnage en marge de ce monde des hommes o\u00f9 va trop vite, inutilement trop vite ? Bill d\u00e9teste l&rsquo;eau, et finit toujours par succomber aux honteux strat\u00e9g\u00e8mes foment\u00e9s par ses fr\u00e8res sup\u00e9rieurs pour le mettre au bain. C&rsquo;est donc par Bill que le scandale arrive, que l&rsquo;univers se d\u00e9traque.<\/p>\n<p>La chose est clair\u00a0 ! Bill est le v\u00e9ritable h\u00e9ros de cette s\u00e9rie. Au d\u00e9part partenariat \u00e9quilibr\u00e9, les projecteurs se sont de plus en plus focalis\u00e9 sur ce petit animal jouisseur. L&rsquo;\u00e9volution m\u00eame des titres des albums de la s\u00e9rie illustre parfaitement cette d\u00e9rive. Jusqu&rsquo;au 7\u00e8me album, ceux-ci s&rsquo;appellent tout simplement \u00ab\u00a060 Gags de Boule et Bill\u00a0\u00bb, et seul un num\u00e9ro les diff\u00e9rencie. Le 8\u00e8me Album annonce le changement qui va s&rsquo;op\u00e9rer, puisqu&rsquo;il porte le titre de \u00ab\u00a0Papa, Maman, Boule &#8230; et Moi\u00a0\u00bb. Sur la couverture, les humains sont repr\u00e9sent\u00e9s dans des cadres accroch\u00e9s au mur, pendant que Bill (et Caroline) sont eux bien vivants ! La signification en est claire : ceux-l\u00e0 sont prisonniers de leur cadre ! nous, nous sommes libres ! A partir de cet album, \u00e0 peu pr\u00e8s tout les titres vont \u00eatre centr\u00e9s sur Bill (jeux de Bill, Une vie de Chien, coquin de cocker, &#8230;)<\/p>\n<p>Bill apporte donc de la fraicheur \u00e0 cet univers, et cette fraicheur s&rsquo;exprime par ses incongruit\u00e9s et son non-conformisme. Parfois l&rsquo;auteur -qui se cache, c&rsquo;est s\u00fbr, derri\u00e8re ce chien rigolo- introduit l&rsquo;\u00e9trange dans ses bandes, comme pour mieux faire se faire entendre : Tout ceci n&rsquo;est \u00e9videmment que convention. Regardons de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du miroir ! Ainsi, la maison de Boule est elle souvent d\u00e9cor\u00e9 de cadres champ\u00e8tres (non! pas de gardes-champ\u00e8tres) desquels des petits oiseaux sortent parfois leur t\u00eates pour observer les agitations de ce petit monde (des dessins anim\u00e9s dans une bande dessin\u00e9e quoi !).<\/p>\n<p>Parmi les meilleurs albums de la s\u00e9rie, citons particuli\u00e8rement \u00ab\u00a0Globe-Trotters\u00a0\u00bb. Histoire compl\u00e8te (et non plus une s\u00e9rie de gags d&rsquo;une page), il relate les aventures de Boule et Bill enmen\u00e9s dans un tour du monde fou, fou, fou ! Vainqueurs d&rsquo;un concours (celui du meilleur ami), nos deux amis vont \u00eatre pilot\u00e9s par un accompagnateur obs\u00e9d\u00e9 des horaires dans un p\u00e9l\u00e9rinage circumterrestre. Ce voyage n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas que g\u00e9ographique, puisqu&rsquo;en fait, Boule et Bill vont\u00a0 y rencontrer un kyrielle de personnages de BD. L&rsquo;album est int\u00e9ressant, aussi parce qu&rsquo;il fait exploser le genre auquel s&rsquo;\u00e9tait jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent nourri la s\u00e9rie. Au revoir l&rsquo;int\u00e9rieur bourgeois, bonjour le Monde !<\/p>\n<p>Cousin canin de Gaston (il en a le c\u00f4t\u00e9 non-conformiste et jouisseur, voir le Lien du mois de Mars), Bill est aujourd&rsquo;hui entr\u00e9 dans la l\u00e9gende, et figure d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent au c\u00f4t\u00e9 de ses autres fr\u00e8res de races au Who&rsquo;s Who (ou plut\u00f4t au Wouaf Wouaf) de la BD que sont Milou et Snoopy. Moins herm\u00e9tique et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 que l&rsquo;univers de Georges Schultz, le monde de Roba, auteur de ce petit chef d&rsquo;oeuvre, est au contraire bourr\u00e9 d&rsquo;optimisme et de joie de vivre. Et nul doute qu&rsquo;il nous invite \u00e0 suivre le mod\u00e8le qu&rsquo;il nous dessine (car c&rsquo;est bien son dessein).<\/p>\n<p>Nous sommes tous des cockers !!! (Non ! pas des bergers allemands).<\/p>\n<p>(Mars 1990)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ou \u00ab\u00a0La famille a du Chien\u00a0\u00bb Boule et Bill : deux noms qui roulent. Un enfant et un chien. Deux amis ins\u00e9parables qui habitent depuis 30 ans dans le journal SPIROU. 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