Recherches

Peut on vivre sans questionner, sans chercher, sans prendre position, sans philosopher ?
Pour ma part, cela semble juste impossible.

LES ORIGINES

Depuis mes 18 ans, pas une journée ne passe sans que que cet exercice ne se fasse au quotidien. Ma découverte de la Sémantique Générale d’Alfred KORZYBSKI, au travers du Monde des Ā d’Alfred VAN VOGT, mais aussi de l’oeuvre de Philip K. DICK m’a amené à m’interroger sur les notions d’information, de connaissance,  d’intelligence, de complexité, de réalité.
L’oeuvre d’Isaac ASIMOV – le cycle de Fondation comme celui des Robots a aussi énormément nourri et motivé mes réflexions sur le libre arbitre, le pouvoir, la maîtrise de soi, du temps, de l’histoire, du vivant (et de sa reproduction artificielle), de la mort (et de son évitement).

Dès mes études de mathématiques en 1974, je m’intéresse à la notion d’information, et ne peux m’empêcher d’être profondément frustré par l’approche mathématique d’un SHANNON, qui évacue les phases d’intention et d’interprétation du processus d’information, en le limitant donc à un seul process de communication.

Je commence à tenter d’élaborer dès cette époque (en 76 exactement) une approche plus « opérationnelle », avec la volonté d’élargir la théorie de Shannon à une sorte de « Théorie Générale de l’Information« , qui n’évacuerait pas l’action de son champ, c’est dire la mise en forme du monde.
L’idée principale est alord de définir l‘information comme une contrainte : un système A informe un système B à partir du moment où il lui fait subir une contrainte. L’étude des phénomènes physiques, chimiques ou biologiques ne fait que conforter cette vision.

LE DEA D’INFORMATIQUE

Ma découverte de l’Informatique, en 79-80 (au moment où je passe ma Maitrise), et encore plus mon DEA d’informatique Théorique en 80-81 vont nourrir et motiver encore plus ma démarche.
J’effectue en effet mon DEA sous la houlette de Maurice NIVAT, qui travaille alors sur la synchronisation de Processus parallèles et s’intéresse entre autres à la définition des conditions formelles pour qu’un système d’écriture puisse écrire des mots infinis sans connaêtre de blocages (voir le problème fameux du Diner des Philosophes).

Je trouve alors dans les cours de Maurice NIVAT des échos de mes interrogations et intuitions. Les processus physiques, chiliques ou biologiques sont des processus parallèles qui cherchent à se synchroniser pour assurer leur stabilité structurelle, en partageant des ressources, c’est à dire en se contraignant les uns les autres, i.e. en s’informant.

J’ai deux intuitions à ce moment là :

  1. Qu’il y là probablement la promesse de concevoir des systèmes de processus « atomiques » communicants qui, en collaborant -c’est à dire en se contraignant les uns les autres – pouraient faire émerger des comportements nouveaux (stygmergiques).
    S’il y a un espoir de reproduire artificiellement du vivant, et en conséquence de l’intelligence artificielle, il est de mon point de vue dans la parallélisation massive de processus communicants.
  2. Que la promesse de l’immortalité se cache aussi dans l’étude des phénomènes de synchronisation des processus, et qu’il n’y pas de différence fondamentale entre les philosophes mangeurs de riz et mon propre corps.

Je rédige donc au premier semestre 1981 un mémoire de DEA atypique sur le thème « Parallèlisme et Complexification », ou j’anticipe (j’ose le dire) les systèmes Multi-Agents et la Vie Artificielle. C’est probablement le premier mémoire de DEA d’informatique théorique où l’on doit citer KANT !
Laurent KOTT, qui supervie le travail des étudiants ne sait pas trop quoi faire de mon travail et me conseille de contacter Ilya PRIGOGINE (et ses structures dissipatives).

En rentrant chez Bull en 1981, je continue en solitaire mon travail et essaye de mettre sur le papier les idéesq que j’avais commencées à développer dans mon mémoire de DEA.

LE CENTRE DE RECHERCHE BULL

Mon arrivée au Centre de Recherche de Bull en 1983 démontre une certaine cohérence, puisque j’ai le choix à ce moment là soit d’intégrer l’équipe de Claude RENVOISE qui travaille sur la parallélisation de FORTRAN, soit de rentrer dans la toute nouvelle équipe d’Intelligence Artificielle créée par Jean ROHMER.

Je choisis d’intégrer l’équipe de Claude RENVOISE, et travaille sur un programme de vectorisation de programme FORTRAN, nommée VESTA (baptisé par mes oins, encore une fois).
Nous publions en 1984 un article signé de Jean-Christophe COTTET, Claude RENVOISE, et moi-même) lors du 6ème colloque de l’International Symposium on Programming à Toulouse (April 17–19, 1984 Proceedings).

A la suite de la dissolution de l’équipe VESTA, je rejoins logiquement (c’est le cas de le dire) l’équipe IA de Jean ROHMER, où je deviens un spécialiste de programmation logique, et y développe XILOG.

Un petit groupe informel s’est constitué dans l’équipe de jean, ouverte sur l’extérieur, qui s’appelle « Philosophie et IA« , oùt les sujets à la frange du domaine de l’Intelligence Artificielle étaient abordés sans complexes.

C’est au cours d’une de ces sessions, que je me hasardai  à proposer une définition de l’Intelligence. Je dois dire que cette tentative fut accueillie avec ironie par mes camarades. Je me fendis donc d’une lettre où je tentai d’expliquer, au calme de l’écriture, les raisons de ma tentative.
A cette époque, ce sont les approches Top-Down qui tiennent le haut du pavé en IA, et les approches Bottom-Up (connexioniste) n’ont pas retrouvé l’éclat qu’elles ont à juste titre repris depuis).
L’histoire ma donné (ou me donnera) raison! !

Pendant cette période (de 1984 à 1991) j’ai écrit et/ou cosignés plusieurs publications scientifiques sur les thèmes de la programmation logiques ou par contraintes.

STRATE ECOLE DE DESIGN

En créant en 2007 le département « Systèmes et Objets Interactifs » au sein de Strate Collège (aujourd’hui Strate Ecole de Design), et en mettant explicitement l’Intelligence Artificielle au coeur de notre vision du « numérique », je renoue de fait avec une démarche de recherche, et m’inscrit à nouveau petit à petit dans la communauté.

Cela prend plusieurs formes :